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Aux sources du multilatéralisme : La naissance d’une administration internationale dans l’entre-deux-guerres

English title At the Source of Multilateralism: The Birth of an International Administration in the Interwar Period
Applicant Grandjean Martin
Number 194909
Funding scheme Early Postdoc.Mobility
Research institution University of Luxembourg Centre for Contemporary and Digital History
Institution of higher education Institution abroad - IACH
Main discipline General history (without pre-and early history)
Start/End 01.08.2020 - 31.01.2022
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Keywords (11)

Données massives; Humanités numériques; Méthodes quantitatives; Archives numérisées; Analyse de réseau; Histoire des organisations internationales; Histoire; Société des Nations; Histoire numérique; Multilatéralisme; Bases de données

Lay Summary (French)

Lead
Au sortir de la Première Guerre mondiale, le Traité de Versailles pose les bases d'une institution qui façonnera les relations internationales du XXe siècle : la Société des Nations (SDN), ancêtre des Nations Unies. Souvent connue par ses Assemblées, les diplomates de tous les pays qui s'y rencontre ou par sa relative difficulté à faire face aux grandes problématiques des années 1930, la SDN est surtout une grande "machinerie" administrative dont il va ici s'agir de comprendre les rouages institutionnels et techniques.
Lay summary
Il y a exactement un siècle, en janvier 1920, entre en fonction une institution qui incarne un changement radical dans la manière d’envisager les relations internationales et par la même occasion pose les bases de la diplomatie multilatérale qui caractérisera le XXe siècle

Or, si l’historiographie contemporaine fait une place de choix à cette institution, détaillant son impuissance devant la montée des nationalismes en Europe ou son rôle dans la naissance de l’Organisation des Nations Unies (ONU) que nous connaissons aujourd’hui, le développement de cette « machinerie », la bureaucratisation de l’expertise internationale, est rarement questionnée en tant que telle. Au travers d’une analyse globale, systématique et structurelle des près de 15 millions de pages et plus de 2000 photographies conservées dans les archives de la SDN, ce projet propose justement de mettre l’accent sur les femmes et les hommes qui font concrètement l’institution : les fonctionnaires internationaux, les experts scientifiques ou juridiques, ou encore les employés, traducteurs ou dactylographes du secrétariat.

En pratique, cette recherche s’articule autour du développement d’une infrastructure de base de données relationnelle en partenariat avec l’Office des Nations Unies de Genève qui numérise actuellement la totalité des archives de la Société des Nations. Véritable plateforme d’histoire publique et collaborative, ce site web développé grâce à l’expertise de l’institut hôte du Luxembourg en matière d’histoire numérique permettra dans un premier temps de naviguer dans les collections iconographiques et les documents officiels de la SDN avant que les archives de correspondances n’y soient également ajoutées. L’identification automatique des individus, au moyen d’algorithmes de reconnaissance faciale sur les photographies ou de reconnaissance d’entités nommées dans les documents numérisés, permettra une exploration et une analyse de ces ressources au moyen d’une interface de graphe ouverte à une annotation plus qualitative en collaboration avec les autres partenaires du projet, en Suisse et au Danemark. En plus de son apport historique et du défi technique, cette recherche s’inscrit donc dans une réflexion méthodologique sur l’apport des méthodes numériques et de l’analyse de grands corpus de données relationnelles en histoire.
Direct link to Lay Summary Last update: 12.08.2020

Responsible applicant and co-applicants

Abstract

Il y a exactement un siècle, en janvier 1920, entre en fonction une institution qui incarne un changement radical dans la manière d’envisager les relations internationales et par la même occasion pose les bases de la diplomatie multilatérale qui caractérisera le XXe siècle. Formellement instituée par le Traité de Versailles et fondée sur le désir de reconstruire par le dialogue une Europe meurtrie par un conflit destructeur, la Société des Nations (SDN) installe ses quartiers à Genève dans le courant de l’année et met progressivement en place une imposante machinerie administrative. L’héritage de ce premier grand parlement international et de son secrétariat démesuré se fait encore sentir aujourd’hui dans les relations internationales de la Suisse comme dans l’urbanisation et le tissu économique et social de ce que l’on appelle désormais la « Genève internationale ». Or, si l’historiographie contemporaine fait une place de choix à cette institution, détaillant son impuissance devant la montée des nationalismes en Europe ou son rôle dans la naissance de l’Organisation des Nations Unies (ONU) que nous connaissons aujourd’hui, le développement de cette « machinerie », la bureaucratisation de l’expertise internationale, est rarement questionnée en tant que telle. Au travers d’une analyse globale, systématique et structurelle des près de 15 millions de pages et plus de 2000 photographies conservées dans les archives de la SDN, ce projet propose justement de mettre l’accent sur les femmes et les hommes qui font concrètement l’institution : les fonctionnaires internationaux, les experts scientifiques ou juridiques, ou encore les employés, traducteurs ou dactylographes du secrétariat. Si elles apparaissent rarement sur les clichés officiels, dans les procès-verbaux d’assemblées ou dans la presse internationale, ces personnes n’en sont pas moins les chevilles ouvrières de la mécanique de collecte et de circulation d’information et occupent une position centrale dans le réseau que tisse la SDN dans le monde. En pratique, cette recherche s’articule autour du développement d’une infrastructure de base de données relationnelle en partenariat avec l’Office des Nations Unies de Genève qui numérise actuellement la totalité des archives de la Société des Nations. Véritable plateforme d’histoire publique et collaborative, ce site web développé grâce à l’expertise de l’institut hôte du Luxembourg en matière d’histoire numérique permettra dans un premier temps de naviguer dans les collections iconographiques et les documents officiels de la SDN avant que les archives de correspondances n’y soient également ajoutées. L’identification automatique des individus, au moyen d’algorithmes de reconnaissance faciale sur les photographies ou de reconnaissance d’entités nommées dans les documents numérisés, permettra une exploration et une analyse de ces ressources au moyen d’une interface de graphe ouverte à une annotation plus qualitative en collaboration avec les autres partenaires du projet, en Suisse ou au Danemark, où se trouve le second institut hôte. Si la dimension participative (au sein d’un consortium international de chercheurs spécialisés sur la SDN) et la mise en place de scénarios pédagogiques adossés à cette plateforme concerneront probablement la deuxième moitié du projet en question, en particulier parce qu’il est prévu de lancer publiquement la plateforme à l’issue de celui-ci lors d’un colloque international au printemps 2022, cette recherche aboutira à la publication de deux articles scientifiques et à une série de communications dans des conférences internationales en digital humanities pendant la durée du projet. En plus de son apport historique et du défi technique, cette recherche s’inscrit donc dans une réflexion méthodologique sur l’apport des méthodes numériques et de l’analyse de grands corpus de données relationnelles en histoire.
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