Project

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Domotopie : enquête sur le "chez soi" dans un monde en mouvement

English title Domotopy : "at home" in a world in motion
Applicant Pattaroni Luca
Number 192831
Funding scheme Project funding (Div. I-III)
Research institution Laboratoire de Sociologie Urbaine EPFL - ENAC - IA - LASUR
Institution of higher education EPF Lausanne - EPFL
Main discipline Sociology
Start/End 01.09.2020 - 31.08.2024
Approved amount 598'165.00
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All Disciplines (2)

Discipline
Sociology
Architecture and Social urban science

Keywords (9)

habiter; architecture d'intérieur; rythmes; sphère domestique; subjectivation; sociologie urbaine; modes de vie; chez-soi; logement

Lay Summary (French)

Lead
Alors que la tendance est à l’exploration des territoires étendus de l’habiter, cette recherche prend le parti de réactualiser la réflexion sur le logement et de l’envisager comme un point de cristallisation de la transformation des modes de vie, en particulier sur le plan temporel. Elle fait l’hypothèse que l’intensification et la diversification des rythmes de vie donnent lieu à de nouvelles formes d’appropriation, de conflits et d’ajustements au sein de la sphère domestique. Quels sont les nouveaux usages et significations du logement ? Comment se recompose le « chez soi » ? Comment se déploient les capacités individuelles et collectives à « tenir le rythme » ? Comment évoluent, sous les pressions rythmiques, les inégalités qui traversent la sphère domestique ?
Lay summary

Nous enquêterons sur la sphère domestique dans le Canton de Genève à partir d’une méthode de collecte et d’analyse de données mixte. Une enquête quantitative permettra de caractériser les rythmes de vie des personnes et les modalités d’appropriation du logement dans différents contextes urbains. Une enquête qualitative, mêlant méthodes sociologiques, ethnographiques et architecturales permettra en parallèle de documenter les processus dynamiques d’adaptation du logement face aux pressions rythmiques et les tensions inédites qui en découlent au sein de la sphère domestique. 

A partir de ces matériaux, l’enjeu est de contribuer à une sociologie urbaine attentive à l’articulation entre les sphères de l’expérience, la production de l’espace et les transformations sociétales. Il s’agit en particulier de considérer les effets oppressifs et émancipateurs des nouveaux rythmes de vie au plus près de l’expérience quotidienne et intime des personnes.

Contexte scientifique et social du projet de recherche

Comme la plupart des métropoles européennes, Genève connait des bouleversements sociaux et urbains amenés par l’amélioration des conditions de mobilité, l’essor de nouvelles technologies et l’expansion du capitalisme dans la période post-industrielle. Les conséquences de ces transformations sur les temporalités et les rythmes individuels et collectifs sont bien connues mais rarement interrogées depuis l’intérieur du logement, devenu ces dernières décennies une sorte de « boite noire » de l’étude des modes d’habiter. Il semble dès lors important de revenir à une description systématique de la vie quotidienne dans le logement, en cherchant à voir comment la sphère domestique répond et entre en tension avec l’intensification des rythmes de vie. 

Direct link to Lay Summary Last update: 15.07.2020

Responsible applicant and co-applicants

Employees

Project partner

Associated projects

Number Title Start Funding scheme
107139 Urban sustainable habitat for families 01.10.2005 NRP 54 Sustainable Development of the Built Environment

Abstract

1. Résumé du plan de recherche La transformation des rythmes de vie, et en particulier leur accélération (Rosa, 2010), tend à modifier l’ensemble des sphères de vie, y compris celle de l’habiter. Alors que la tendance est à l’exploration des territoires étendus de l’habiter, cette recherche prend le parti de réactualiser la réflexion sur le logement et de l’envisager comme un point de cristallisation de la transformation des modes de vie, en particulier sur le plan temporel. Le domicile n’est plus uniquement le siège du repos et de l’intimité individuelle et familiale. Il est activé par des fonctions nouvelles qui s’inscrivent dans les sphères du travail, des loisirs et de la consommation et qui participent de sa mise sous pression temporelle. Le logement devient un lieu exemplaire pour penser la rencontre entre les transformations sociétales, les processus contemporains de subjectivation et, plus largement, la recomposition de la sphère domestique. Quels sont dès lors les nouveaux usages et significations du logement dans un monde marqué par l’accélération des rythmes et la mise en mouvement ? Comment se recompose un « chez soi » et les capacités individuelles et collectives à « tenir le rythme » ? Comment se transforment, sous les pressions rythmiques, les inégalités qui traversent la vie domestique ? 1.1 Objectifs L’objectif de la recherche est de comprendre les incidences de l’évolution des rythmes de vie sur le rapport au logement. Les effets des rythmes sont appréhendés à partir d’une analyse des transformations concrètes du logement et du sens attribué à ces transformations. Les rapports au logement sont envisagés du point de vue de l’individu mais aussi à travers les relations internes au ménage. La sociologie de l’écologie domestique est ainsi articulée à une sociologie des rapports sociaux au sein du logement. En collaboration avec la HEAD, le projet vise enfin à produire une analyse indissociablement sociale et architecturale de ces enjeux. Afin de répondre à ces objectifs, la recherche s’appuie sur une hypothèse principale et trois sous-hypothèses :•H0 : La diversification et l’intensification des rythmes quotidiens conduit à des transformations en profondeur du sens, des aménagements et des usages du logement et, plus largement, de l’organisation de la sphère domestique.•H1 : La capacité d’adaptation aux pressions rythmiques dans le logement se joue à travers le niveau d’équipement, les modifications typologiques et les ressources sociales.•H2 : Il est possible d’identifier différents régimes spatio-temporels et idéologiques d’appropriation et de composition de la sphère domestique en réponse aux pressions rythmiques. •H3 : L’inégale exposition aux pressions rythmiques, en se croisant avec d’autres formes d’inégalités structurelles (de classe, de sexe, de race, d’âge, …) exacerbe les inégalités au sein de la sphère domestique. 1.2 Méthodes A partir d’une enquête dans le Canton de Genève, la vérification des hypothèses de la recherche s’appuie sur une méthode de collecte et d’analyse de données mixte. La méthodologie s’appuie en premier lieu sur une enquête quantitative dont l’objet est de collecter le rythme de vie des personnes et les modalités d’appropriation du logement (n=4 000). Une enquête qualitative, mêlant méthodes sociologiques, ethnographiques et architecturales permettra de documenter les processus dynamiques d’adaptation du logement face aux pressions rythmiques et les tensions inédites qui en découlent au sein de la sphère domestique. 1.3 Ressources humainesLe projet se déroule sur 4 ans et financera les salaires d’une doctorante, de deux post-doctorant-e-s et la contribution d’une partenaire académique (HEAD).
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