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Les poètes de François Ier et la naissance du pétrarquisme français. Une nouvelle approche philologique

English title The Court poets of Francis I and the rise of French Petrarchism. A new philological approach.
Applicant Veneziale Marco
Number 185960
Funding scheme Ambizione
Research institution Romanisches Seminar Universität Zürich
Institution of higher education University of Zurich - ZH
Main discipline Romance languages and literature
Start/End 01.03.2020 - 29.02.2024
Approved amount 538'421.00
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Keywords (5)

Littérature française de la Renaissance; Ecdotique; François Ier; Pétrarquisme; Poésie marotique

Lay Summary (French)

Lead
La cour de François Ier (roi de France de 1515 à 1547) a vu le développement d’une importante école poétique, guidée par Clément Marot. Il s’agit d’un moment charnière dans l’histoire poétique française, au croisement entre Moyen Âge et Renaissance, entre la survivance des modèles des rhétoriqueurs et la découverte de Pétrarque. Ces poètes de cour ont la particularité de faire circuler leur poésie presque entièrement sous forme manuscrite, dans des albums anthologiques.
Lay summary

Le projet envisage une étude philologique de cette tradition manuscrite encore largement inconnue et se pose deux objectifs majeurs. Tout d’abord, la création d’un répertoire complet de la lyrique des poètes de François Ierqui tienne en compte une description interne et externe de tous les manuscrits et une fiche d’analyse pour chaque pièce – toutes ces données seront récoltées à l’intérieur des serveurs du projet Lyra [lyra.unil.ch]. Ensuite, une interprétation de ces matériaux dans une perspective de philologie des structures, en appliquant à la poésie renaissante une méthodologie déjà bien connue dans les études sur la poésie médiévale. Cela dans une double démarche : analyse du macrotexte (les tables des différents manuscrits) à la recherche des liens de parenté qui s’instaurent entre les différents mss., et vérification sur la micro-variance textuelle. Grâce à cette démarche, nous espérons pouvoir enfin réordonner cette tradition.

Avec son approche philologique, le projet intègre des sources, des méthodes et des analyses liées à l’histoire de la littérature, du livre, de la circulation des idées. Il questionne également les acteurs sociaux (poètes, copistes, lecteurs passionnés). Il contribue ainsi à la compréhension d’une époque historique capitale de l’histoire littéraire.
Direct link to Lay Summary Last update: 12.09.2019

Responsible applicant and co-applicants

Employees

Abstract

L’ambition de notre projet est d’étudier la tradition manuscrite de l’école poétique s’étant développée à la cour de François Ier (1515-1547), guidée par une figure majeure de l’histoire littéraire : Clément Marot (d’où l’appellation de poètes « marotiques »). À partir de ce moment de l’histoire littéraire, la poésie de Pétrarque devient un modèle, notamment grâce à la passion du roi pour la culture italienne. Si Marot possède une véritable volonté auctoriale et tente de gérer personnellement la publication de ses écrits, ses camarades de cour (parmi lesquels il faut ranger le roi même, François Ier, Mellin de Saint-Gelais, Victor Brodeau, Claude Chappuys et beaucoup d’autres), préfèrent faire circuler leurs poèmes dans des recueils manuscrits et anthologiques, où la poésie de l’un dialogue souvent avec celle des autres : par conséquent, nous ne possédons pas un « chansonnier » d’auteur qui recueille les pièces de chaque poète. Ce constat, accompagné du fait que rares sont les pièces anciennement imprimées, a entravé toute étude sérieuse de cette tradition textuelle, qui pose d’évidents problèmes paléographiques et codicologiques. Les quelques chercheurs qui se sont aventurés dans cette tradition l’ont toujours fait pour étudier un poète spécifique à la fois, ce qui fausse l’interprétation, car l’image du corpus est partielle et ne permet pas de résoudre, entre autres, les problèmes d’attribution.Notre projet renverse cette structure méthodologique et propose une interprétation nouvelle, basée non plus sur chaque poète et son « chansonnier », mais sur l’école poétique dans son entièreté. Cette nouvelle approche implique, en premier lieu, de travailler à la création d’un répertoire complet de la lyrique des poètes de François Ier (un outil jamais envisagé auparavant). Après une recension de la tradition, visant à construire un corpus définitif, il s’agira de recueillir les données relatives à chaque manuscrit (description codicologique, liste des pièces et des attributions à tel ou tel autre poète). Pour la récolte des données, nous allons nous appuyer sur la base de données du projet « Lyra », coordonné par Simone Albonico à l’Université de Lausanne.Ces matériaux seront par la suite interprétés grâces aux méthodes de la philologie à l’italienne, d’école néo-lachmanienne, aux approches méthodologique éprouvées par l’étude des chansonniers provençaux du Moyen Âge. Cela nous permettra de mettre à profit les connaissances des théories et pratiques de la critique textuelle que nous avons acquises pendant nos études doctorales. L’application des principes de la « philologie des structures » nous conduira à une analyse des tables des différents manuscrits, à la recherche des liens de parenté qui s’instaurent entre eux, pour ensuite vérifier nos hypothèses sur la micro-variance textuelle. Grâce à cette démarche, nous espérons pouvoir enfin réordonner la tradition manuscrite de l’école poétique de François Ier. Un tel travail de collation et d’analyse, effectué sur un corpus assez vaste, rendra enfin compréhensible la tradition dans sa globalité, permettant aussi d’évaluer sur des fondements scientifiques la validité des attributions des pièces, posant des bases solides pour de futures éditions vraiment « critiques » des poètes courtisans du cercle marotique.À côté de ce filon principal, nous allons nous occuper de la présence, dans les manuscrits des poètes de François Ier, de la main de certains de nos poètes, en tant que lecteurs et glosateurs, ce qui permet de vérifier si les corrections présentes dans certains manuscrits (que l’on trouve parfois en nombre) sont des variantes d’auteur. Ceci nous amènera à chercher la preuve d’une lecture, de la part de nos poètes, des manuscrits ayant déjà appartenu à Pétrarque conservés dans la bibliothèque du roi.Les résultats de la recherche seront publiés sous forme d’un outil de référence monographique destiné aux chercheurs qui voudront s’occuper de l’école poétique de François Ier. Enfin, le projet permettra de répondre à des questions culturelles majeures, à savoir : pourquoi le livre manuscrit a-t-il continué à jouir d’un tel succès vers la moitié du XVIe, lors du passage définitif vers le monde du livre imprimé ?
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