Project

Back to overview

Les Sources de Ovide Moralisé (SOM)

English title The Sources of the Ovide Moralisé
Applicant Trachsler Richard
Number 178899
Funding scheme Project funding (Div. I-III)
Research institution Romanisches Seminar Universität Zürich
Institution of higher education University of Zurich - ZH
Main discipline Romance languages and literature
Start/End 01.10.2018 - 31.07.2021
Approved amount 566'295.00
Show all

Keywords (5)

Réception de l’Antiquité ; Histoire culturelle au Moyen Âge; Métamorphes d'Ovide au Moyen Age; Philologie romane ; Philologie latine du Moyen Age

Lay Summary (French)

Lead
L'Ovide Moralisé est un texte français du début du XIVe siècle qui traduit en près de 72000 octosyllabes les Métamorphoses du poète latin Ovide. Le présent projet propose de remonter à la documentation utilisée, par l’auteur médiéval, pour permettre au texte ovidien de transiter vers l’époque médiévale.
Lay summary

En effet, le passage de l'Antiquité païenne au Moyen Age chrétien ne se fait pas sans ajustements, car ces récits mythologiques sont en principe incompatibles avec la religion chrétienne, ce qui a poussé l’auteur anonyme à rajouter des explications, les « moralizations », qui donnent à l’œuvre son titre. Dans ces moralisations, l’auteur explique que les mythes païens ne sont que des allégories qui contiennent un enseignement chrétien, à condition de les lire comme il faut, c’est-à-dire en faisant appel aux différents sens de l’écriture, selon une technique de lecture couramment appliquée à la Bible. Ces moralisations constituent deux bons tiers de l’œuvre et ne se trouvent donc pas dans les Métamorphoses d’Ovide. L’étude de leurs sources est un des deux volets du présent projet. On sait que l’auteur s’est appuyé sur les commentaires latins qui circulaient nombreux à l’époque dans les milieux universitaires, mais on ne sait pas lequel il a concrètement employé. Or, la question est importante car seulement si l’on connaît cette source on sera en mesure d’évaluer correctement le travail de l’écrivain français.

Le deuxième volet du projet porte sur les sources qu’il a utilisées pour rendre compréhensible un mythe. Ovide écrit, dans la Rome impériale, pour un public d’élite, à qui un simple nom propre suffit à rappeler la généalogie et le sort d’un personnage. Le public du traducteur est chrétien et laïc et a besoin qu’on lui explique cette mythologie gréco-romaine que le traducteur lui-même peine parfois à reconstituer. Il doit expliquer qui est, par exemple, Pasiphaé, il introduit des récits supplémentaires qui ne figuraient pas dans les Métamorphoses latines, mais qui étaient considérés indispensables à son époque et dans son milieu, et il réécrit certains mythes en fonction de son public. Pour réaliser ce travail, l’écrivain français s’est tourné, outre vers les commentaires latins, aussi vers des sources françaises, mais on ne connaît pas bien le détail des textes sur lesquels il s’appuie. Nous essaierons de comparer l’Ovide Moralisé à d’autres textes disponibles afin de déterminer la source exacte, en particulier pour savoir s’il s’est servi des sources en vers ou, déjà, des modèles en prose, très répandus à la date de composition de son œuvre.

L’équipe, qui réunit les compétences à la fois de spécialistes de latin médiéval et de littérature française du Moyen Age, essaiera non seulement de déterminer, avec le plus de précision possible, quelles étaient les sources utilisées par l’auteur médiéval, mais aussi de rendre accessibles les commentaires latins, dans une édition moderne accompagnée d’une traduction.
Direct link to Lay Summary Last update: 08.08.2018

Responsible applicant and co-applicants

Employees

Associated projects

Number Title Start Funding scheme
150149 OVIDE EN FRANÇAIS (OEF) 01.09.2014 Project funding (Div. I-III)

Abstract

L’objet du présent projet est l’étude des sources de l’Ovide moralisé, texte du XIVe siècle qui adapte en environ 72’000 octosyllabes français les Métamorphoses d’Ovide. De prime abord, cette recherche peut paraître insolite puisque l’Ovide moralisé, comme l’affiche déjà son titre, tire sa matière du poète romain, auquel il ajoute des « moralizations ». Or celles-ci constituent deux bons tiers de l’œuvre et viennent donc d’ailleurs. Elles modifient considérablement le sens du poème ovidien puisqu’elles superposent aux mythes païens un sens chrétien qui seul permet encore la lecture de ces récits répréhensibles à l’époque médiévale. Mais les mythes eux-mêmes font aussi l’objet de développements, car Ovide écrit, dans la Rome impériale, pour un public d’élite, à qui un simple nom propre suffit à rappeler la généalogie et le sort d’un personnage. Son traducteur français évolue dans un tout autre environnement. Son public est chrétien et laïc et a besoin qu’on lui explique cette mythologie gréco-romaine que le traducteur lui-même peine parfois à reconstituer. De manière un peu réductrice, mais exacte, on peut dire que l’adaptateur médiéval se tourne vers la tradition savante latine, en particulier les commentaires aux Métamorphoses, pour la partie exégétique, et, pour étoffer les mythes, plutôt vers la littérature didactique ou romanesque vernaculaire.Le présent projet propose de remonter à la documentation dont pouvait disposer, sur sa table de travail, l’auteur médiéval. Il doit s’agir d’un manuscrit des Métamorphoses latines contenant des gloses et un commentaire, comme il en existait beaucoup au Moyen Âge. Dans l’impossibilité, malgré tous nos efforts, d’identifier le(s) manuscrit(s) de commentaires dont il s’est servi - et qui n’existe peut-être plus -, il serait imprudent de tout miser sur la découverte d’un tel témoin. La solution consiste donc à fournir à la communauté scientifique deux commentaires dont la matière a certainement dû figurer dans ce dernier puisqu’elle se retrouve, çà et là, dans l’Ovide Moralisé français : il s’agit d’une part du Commentaire vulgate, le plus répandu de tous, et d’un commentaire, constitué d’un apparat de gloses et d’informations variées, qui figure dans le manuscrit lat. 1479 de la Bibliothèque Vaticane. Ce n’est pas, nous le savons, la source, puisque le texte français contient d’autres ajouts encore, mais un témoin proche d’elle. La communauté scientifique disposera ainsi d’une base solide pour travailler sur la tradition textuelle de l’œuvre française.
-