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Être dans le monde pour en prendre soin. Une perspective écophénoménologique sur l'éthique et la politique de l'environnement

English title Being in the World to Take Care of it. An ecophenomenological perspective on envionmental ethics and politics
Applicant Gilliand Christophe
Number 178344
Funding scheme Doc.CH (until 2020)
Research institution Institut de géographie et durabilité Faculté des géosciences et de l'environnemen Université de Lausanne
Institution of higher education University of Lausanne - LA
Main discipline Philosophy
Start/End 01.03.2018 - 28.02.2022
Approved amount 236'164.00
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All Disciplines (2)

Discipline
Philosophy
Social geography and ecology

Keywords (5)

ecophenomenology; environnemental ethics; political ecology; virtue ethics ; care

Lay Summary (French)

Lead
Comprendre les causes profondes de la crise environnementale nécessite d'interroger la structure dualiste du rapport homme-nature. Ce travail explore la façon dont le retour à l'expérience de la nature permet d'envisager le dépassement de cette opposition et place la notion de soin au cœur d'un renouvellement de l'éthique et de la politique de l'environnement.
Lay summary

Être dans le monde pour en prendre soin

Une perspective écophénoménologique sur l’éthique et la politique de l’environnement

 

Lead

Comprendre les causes profondes de la crise environnementale nécessite d’interroger la structure dualiste du rapport homme-nature. Ce travail explore la façon dont le retour à l’expérience de la nature permet d’envisager le dépassement de cette opposition et place la notion de soin au cœur d’un renouvellement de l’éthique et de la politique de l’environnement.

 

Contenu et objectifs du travail de recherche

La reconnaissance de notre impact sur les conditions mêmes d’habitabilité de la planète appelle au développement d’un paradigme philosophique permettant de repenser l’agir humain dans les limites de la biosphère. Dans cette perspective, l’éthique environnementale se consacre à la justification morale du respect de la nature, tandis que l’écologie politique vise à décrypter et inverser les dynamiques systémiques qui conduisent à son exploitation. Ce travail cherche à concilier ces deux approches en décrivant le soin de la nature comme une condition de notre réalisation, autant au niveau individuel qu’au niveau collectif.  

Il s’agira d’abord d’étudier la façon dont la reconnaissance du caractère relationnel de notre être peut inspirer le développement d’une éthique environnementale des vertus. Il conviendra ensuite de voir comment une telle éthique peut imprégner et enrichir le débat politique face aux enjeux environnementaux contemporains.

 

Contexte scientifique et social du projet de recherche

Appartenant à l’écophénoménologie, ce projet de thèse mobilise les méthodes et les outils conceptuels de la phénoménologie pour éclairer les débats traditionnels de l’éthique et la politique de l’environnement. Plus généralement, il participe à un courant de recherches, transversal au sein des humanités environnementales, visant à valoriser nos expériences de la nature afin d’en faire un vecteur de la transition écologique.

 

Mots-clés  

écophénoménologie; éthique environnementale des vertus; écologie politique; pédagogie du soin

Direct link to Lay Summary Last update: 14.02.2018

Responsible applicant and co-applicants

Employees

Publications

Publication
La décroissance, ou comment "décoloniser" le monde vécu
GilliandChristophe (2019), La décroissance, ou comment "décoloniser" le monde vécu, in Gorz André (ed.), Presses universitaires de France, Paris, 53-84.
Sous le voile du langage : l'expérience du monde. Quels fondements pour une écologie incarnée ?
GilliandChristophe (2018), Sous le voile du langage : l'expérience du monde. Quels fondements pour une écologie incarnée ?, in La pensée écologique , (3), 63-74.

Abstract

Ce travail, s’inscrivant dans le champ de recherche de l’écophénoménologie, souhaite mettre en évidence la façon dont l’appréhension de la nature comme une expérience plutôt qu’un concept permet de repenser l’éthique et la politique de l’environnement. À l’origine de la réflexion se trouve un double constat qui nous place face à l’aporie dont nous chercherons à nous extraire. D’une part, l’existence d’une crise environnementale globalisée, engageant la responsabilité humaine, fait aujourd’hui l’objet d’un consensus scientifique indiscutable et relève du savoir populaire. D’autre part pourtant, les timides mesures mises en œuvre pour y faire face semblent indiquer que nous ne parvenons pas pleinement à saisir l’urgence, comme si, paradoxalement, l’environnement constituait un ailleurs. Dans une perspective gestionnaire et économique, les principes habituellement mobilisés pour motiver un changement dans nos comportements vis-à-vis de notre environnement sont ceux de « gestion rationnelle des ressources », ou encore, de « responsabilité envers les générations futures ». Notre appartenance propre à la nature néanmoins, semble être largement occultée. Or, on peut légitimement rappeler qu’avant d’être un concept enfermé dans nos théories scientifiques, éthiques ou politiques, la nature se donne comme un phénomène dont on peut faire l’expérience. Dans le contexte d’une mise en question du dualisme qui oppose la nature à la culture, appréhender la nature comme telle ouvre de riches perspectives philosophiques que nous nous proposons d’explorer. Nous soutiendrons d’abord l’idée qu’être véritablement dans le monde, c’est reconnaître la valeur du non-humain dans la relation que nous nouons avec lui. Sur cette base, et en recourant à la notion du « soin », nous verrons en quoi l’éthique peut être une posture induite de l’expérience plus qu’elle n’est un ensemble de théories déduites de la raison. Nous nous efforcerons alors d’en tirer les conséquences politiques et pratiques, qui, comme nous l’espérons, donneront un sens concret à l’ensemble de la recherche.
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