Projekt

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Averroès et l'averroïsme latin. Des condamnations à l'acculturation (XIIIème-XIVème siècles)

Gesuchsteller/in Eniline Alexander
Nummer 165429
Förderungsinstrument Doc.CH
Forschungseinrichtung Département de Philosophie Faculté des Lettres Université de Genève
Hochschule Universität Genf - GE
Hauptdisziplin Philosophie
Beginn/Ende 01.03.2016 - 30.09.2019
Bewilligter Betrag 223'016.00
Alle Daten anzeigen

Keywords (5)

Averroes; University of Paris; averroism ; latin; Middle Ages

Lay Summary (Französisch)

Lead
Averroès était considéré comme un auteur suspect et subversif par l’Eglise et les théologiens conservateurs au XIIIème siècle. Des théologiens importants (Albert le Grand, Thomas d’Aquin, Bonaventure, Gilles de Rome, etc.) ont polémiqué contre lui et ses disciples latins. Nombre de ses thèses furent interdites d’enseignement en 1277 par Etienne Tempier, évêque de Paris. Mais on assiste à un retournement spectaculaire au siècle suivant. En 1341, la Faculté des arts de l’Université de Paris oblige ses bacheliers à prononcer un serment les enjoignant à ne suivre que la science d’Aristote et de son commentateur Averroès, cela sans réaction particulière de la part des autorités ecclésiastiques. Il s'agit d'une véritable acculturation des commentaires d'Averroès en terres latines.
Lay summary

Contenu et objectifs du travail de recherche

Le but du travail de recherche est d’expliquer cette véritable acculturation d’Averroès, de montrer comment et pourquoi elle put avoir lieu. Le travail sera axé sur l’Université de Paris. Il s’agira de voir quel est le statut d’Averroès dans la pratique philosophique dans la seconde moitié du XIIIème siècle, comment et en quoi il change dans les écrits des maîtres ès arts (mais aussi des théologiens) au fil des années, comment et en quoi les transformations survenues dans la théologie même et dans la politique de l’Eglise conditionnent ce changement, et comment les mesures institutionnelles prises par l'Université elle-même varient en conséquence.

Il s’agira dans un deuxième temps d’évaluer en quoi et à quel point cette acculturation d’Averroès a transformé la philosophie médiévale latine, et quel impact elle a eu sur la manière dont l’historiographie a rendu compte de cette période.

Contexte scientifique et social du projet de recherche

Le projet de recherche est appelé à combler une lacune importante de l’historiographie existante (il n’existe à ce jour aucune publication récente qui traite de ce sujet en tant que tel) sur une question majeure pour l’histoire de la philosophie médiévale, mais aussi pour la modernité européenne.

Direktlink auf Lay Summary Letzte Aktualisierung: 13.02.2016

Verantw. Gesuchsteller/in und weitere Gesuchstellende

Mitarbeitende

Zusammenarbeit

Gruppe / Person Land
Formen der Zusammenarbeit
Université Paris I - Panthéon Sorbonne Frankreich (Europa)
- vertiefter/weiterführender Austausch von Ansätzen, Methoden oder Resultaten

Wissenschaftliche Veranstaltungen

Aktiver Beitrag

Titel Art des Beitrags Titel des Artikels oder Beitrages Datum Ort Beteiligte Personen
Ecole Doctorale de philosophie antique et médiévale Einzelvortrag Siger de Brabant, Boèce de Dacie et Aubry de Reims: 24.02.2017 Crêt-Bérard, Schweiz Eniline Alexander;


Veranstaltungen zum Wissenstransfer

Aktiver Beitrag

Titel Art des Beitrags Titel des Artikels oder Beitrages Datum Ort Beteiligte Personen
Cours public / printemps 2017 Liberté et censure Centre d’études médiévales / UNIGE Vortrag 08.03.2017 UNIGE, Schweiz


Abstract

Le travail de recherche esquissé dans ces pages se focalisera sur l’Université de Paris et aura pour but de montrer comment Averroès est passé du rang d’un auteur largement suspect aux yeux de l’Eglise et des théologiens - qui prirent des mesures pour contrer la diffusion de ses idées au XIIIème siècle - au rang de référence incontestée et même obligatoire au XIVème siècle. Pour ce faire, je mettrai l’accent sur deux événements particulièrement significatifs, qui doivent toutefois être inscrits dans un contexte plus large.La condamnation de 1277 tout d’abord, l’interdiction d’enseignement de 219 thèses à caractère philosophique ou théologique par Etienne Tempier, évêque de Paris. Cette condamnation constitue avant tout une tentative de théologiens conservateurs de mettre un frein à l’émancipation progressive de la philosophie telle qu’enseignée à la Faculté des arts, ainsi qu’au développement d’autres courants à la Faculté de théologie même. Elle vise un certain nombre d’aspects du corpus aristotélicien et de ses commentateurs, problématiques à leurs yeux. Mais elle s’attaque à titre tout particulier à Averroès, dont les commentaires avaient déjà acquis une grande influence en terres latines, et dont la lecture d’Aristote était vue comme particulièrement subversive aux yeux de Tempier et de sa commission. Le Statut adopté par la Faculté des arts de l’Université de Paris en 1340 ensuite, et dont dérive un serment imposé aux bacheliers l’année suivante, leur intimant de ne suivre que la science d’Aristote, d’Averroès et d’autres commentateurs anciens, exception faite des cas d’incompatibilité avec la foi. C’est une véritable rupture par rapport aux mesures prises au siècle précédent, une réelle acculturation d’Averroès, ainsi que la preuve d’un échec des théologiens conservateurs dans leur tentative d’empêcher l’autonomisation de la philosophie. Cet échec ne fut toutefois pas total, preuve en est la clause de compatibilité avec la foi qui demeure une restriction réelle. Mon objectif est d’expliquer les raisons de cette rupture, comment elle fut possible et quelles en furent les conséquences pour la philosophie médiévale, et cela en suivant plusieurs axes de recherche : •le statut d’Averroès et sa transformation dans les écrits des maîtres ès arts, souvent estampillés comme « averroïstes » ; •le changement du statut d’Averroès, en particulier sous le rapport de certaines questions systématiques précises ; •le rapport des théologiens « concordistes » et conservateurs à Averroès des et le rôle qu'ils jouent dans ce changement; •les points où même les supposés « averroïstes » n’ont pas suivi Averroès et les raisons de ces « infidélités » ; •la variation et l’impact des mesures institutionnelles prises par les autorités ecclésiastiques et académiques à l’encontre du péripatétisme en général et d’Averroès en particulier.
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