Projekt

Zurück zur Übersicht

Romans en décadence au XIIIe siècle: impact de l'intergénéricité sur le genre arthurien

Gesuchsteller/in Toniutti Géraldine
Nummer 155434
Förderungsinstrument Doc.CH
Forschungseinrichtung
Université de la Sorbonne Nouvelle Centre Censier, Paris III
Section de français Faculté des lettres Université de Lausanne
Hochschule Universität Lausanne - LA
Hauptdisziplin Schwerpunkt Romanistik
Beginn/Ende 01.10.2014 - 30.09.2018
Bewilligter Betrag 252'596.00
Alle Daten anzeigen

Keywords (5)

matière; roman arthurien; vers/prose; genre littéraire; décadence

Lay Summary (Französisch)

Lead
Les derniers romans arthuriens en vers, datés pour la plupart de la fin du XIIIe siècle, à l'exception de Melyador que l'on situe dans la seconde moitié du XIVe siècle, ont volontiers été accusés d’être de mauvais romans arthuriens, des produits de la décadence. Ce corpus représente néanmoins une survivance intéressante de la forme versifiée dans un genre qui a pourtant adopté la prose depuis le début du XIIIe siècle. Les critiques dont ces textes font l’objet interrogent également le concept même de « roman arthurien ».
Lay summary

L’accusation de décadence qui plane sur les derniers textes arthuriens en vers nous semble due à la non adéquation entre la définition floue du genre « arthurien », qui donne une trop grande place à Chrétien de Troyes, et la réalité des œuvres. Le projet entend éclaircir cette définition en la confrontant à des textes aux limites du genre arthurien, que l’on appellera « romans para-arthuriens ». Il s’inscrit donc dans la continuité des études sur le genre littéraire et entend éclaircir la distinction problématique en études médiévales entre genre et matière.

Cette recherche mettra en lumière les rapports qu’entretiennent les derniers romans arthuriens en vers avec les romans arthuriens en prose qui les précèdent et les influencent. Elle révèlera les mécanismes d’extinction d’une forme, le vers, au profit d’une autre, la prose, malgré les efforts des auteurs pour renouveler un genre qui s’épuise, donnant ainsi lieu à une véritable poétique de la tardivité. L'étude de ce corpus éclaircira l'extinction du vers narratif au cours de l'histoire littéraire française et la spécialisation lyrique du vers.

 

Direktlink auf Lay Summary Letzte Aktualisierung: 29.11.2017

Verantw. Gesuchsteller/in und weitere Gesuchstellende

Mitarbeitende

Publikationen

Publikation
Des personnages en marge de la norme sociale : représentations des fous au Moyen Âge
Toniutti Géraldine (2015), Des personnages en marge de la norme sociale : représentations des fous au Moyen Âge, in Acta fabula, 16(3), 9.
La flors de chevalerie : Gauvain et Cristal, deux chevaliers “exemplaires”
Toniutti Géraldine (2015), La flors de chevalerie : Gauvain et Cristal, deux chevaliers “exemplaires”, in Alamichel Marie-Françoise (ed.), Presse du Centre d'études médiévales de Picardie, Amiens, 153.
De Partonopeu de Blois à Cristal et Clarie ou la réécriture implicitée d’une rencontre amoureuse
Toniutti Géraldine (2014), De Partonopeu de Blois à Cristal et Clarie ou la réécriture implicitée d’une rencontre amoureuse, in CRMH, 27, 259.
De l'encyclopédie au "Conte du Papegau" : la licorne entre vérité et fiction
Toniutti Géraldine, De l'encyclopédie au "Conte du Papegau" : la licorne entre vérité et fiction, in Danielle Buschinger (ed.), Presses du Centre d'études médiévales de Picardie, Amiens.
Les peintures troyennes dans Escanor de Girart d’Amiens : un cas d’interférence des matières au XIIIe siècle
Toniutti Géraldine, Les peintures troyennes dans Escanor de Girart d’Amiens : un cas d’interférence des matières au XIIIe siècle, in Ferlampin-Acher Christine et Girbea Catalina (ed.), PUR, Rennes.
Mise en recueil et assemblage des contraires. Cristal et Clarie, D’Amour et le manuscrit Arsenal 3516
Toniutti Géraldine, Mise en recueil et assemblage des contraires. Cristal et Clarie, D’Amour et le manuscrit Arsenal 3516, in Le Moyen Âge.

Wissenschaftliche Veranstaltungen

Aktiver Beitrag

Titel Art des Beitrags Titel des Artikels oder Beitrages Datum Ort Beteiligte Personen
Mondes animaliers au Moyen Âge et à la Renaissance Einzelvortrag La licorne à l'épreuve du roman: le "Conte du Papegai" et "Claris et Laris" 08.03.2016 Amiens, Frankreich Toniutti Géraldine;
La notion de matière littéraire au Moyen Âge Einzelvortrag L'interférence des matières: une poétique du Moyen Âge finissant? 22.05.2015 Rennes, Frankreich Toniutti Géraldine;


Abstract

La critique médiéviste admet généralement que la littérature médiévale se divise en trois genres littéraires, en s’appuyant sur la classification de Jean Bodel dans sa Chanson des Saisnes, datée de la fin du XIIe siècle : la matière de France, qui comprend notamment les chansons de geste, la matière de Rome, avec le roman dit antique, et la matière de Bretagne, avec principalement le roman arthurien. Or, dans la réalité des textes, ces catégories sont loin d’être étanches et clairement définies : il est probable que les auteurs médiévaux n’aient pas eu l’intention de s’inscrire dans une seule matière à la fois. Les critères de classification proposés par les chercheurs contemporains se révèlent quant à eux généraux et ils peinent à rendre compte des spécificités de la production médiévale. C’est le cas en particulier pour la catégorie des « romans arthuriens » : ceux-ci supposent en effet, d’après les spécialistes, la présence du roi Arthur et de sa cour, en plus d’un schéma narratif qui voit l’errance solitaire d’un chevalier, lequel est confronté, au fur et mesure de son parcours, à plusieurs aventures qui le mènent à un accomplissement personnel lui octroyant une femme et une terre. La critique a érigé, sur la base de ces quelques critères, certaines œuvres en modèles indépassables : ce sont les quatre romans en vers de Chrétien de Troyes, poète de la cour de Champagne, composés à la fin du XIIe siècle. Le présupposé que l’âge d’or de l’écriture arthurienne en vers se situe au XIIe siècle est alors largement répandu parmi la critique moderne, reléguant ainsi les œuvres arthuriennes en vers du XIIIe siècle à des épigones, qui ne répondent plus tout à fait au canon du genre. Force est effectivement de constater que beaucoup de ces textes ne respectent pas les critères que la critique contemporaine a établis : on trouve notamment des romans qui ne font pas ou peu mention des chevaliers d’Arthur, mais qui comportent une trame narrative qui correspond à celle du genre qui nous intéresse. Le problème se pose alors de la catégorie dans laquelle on classe ces œuvres : peuvent-elles être arthuriennes même si la cour du fameux roi n’est pas même évoquée ? Inversement, la présence d’Arthur, de Gauvain et de Lancelot suffit-elle à rendre le texte arthurien, malgré que la trame narrative ne suive pas le schéma de l’errance solitaire d’un chevalier ? C’est en raison de ces problèmes de définition du genre que les auteurs de tels textes, souvent anonymes, ont été beaucoup dénigrés et décrits comme des écrivains de peu de talent, que l’on a souvent réduits à leur pratique de la parodie (Arseneau ; 2004, Lecco ; 2006, 2007, Trachsler ; 1993). En revanche, les romans arthuriens en prose de la même époque tels que le Lancelot en prose, le Tristan en prose ou le Merlin en prose, en plein essor au XIIIe siècle, ont été beaucoup étudiés par les chercheurs (Baumgartner ; 1990, Koble ; 2009, Milland-Bove ; 2006, Wahlen ; 2007, 2010), ce qui augmente encore le dédain vis-à-vis des textes qui nous intéresseront. Or, quantitativement, le XIIIe siècle voit naître bien plus de romans arthuriens en vers que le XIIe siècle. Comment expliquer ce paradoxe ? L’accusation de décadence se justifie-t-elle véritablement ? Il faut encore s’entendre sur la définition du genre. Le problème est bien là : les romans arthuriens de la fin du XIIIe siècle, accusés de décadence, répondent-ils toujours aux même codes, que la critique a établis sur la base de quelques romans seulement ? Se réclament-ils réellement du genre arthurien ? L’accusation de médiocrité n’est-elle pas plutôt due à un structuralisme trop rigide, qui applique une classification qui ne fonctionne que sur une minorité d’œuvres ? Les textes arthuriens en vers du XIIIe, en effet, se font de plus en plus composites, en recourant à l’intertextualité, à la parodie, à la narration entrelacée, ou en opérant des glissements vers d’autres genres, comme le fabliau, le roman antique ou l’épopée. Le rapport avec les textes en prose, surtout, semble générer une nouvelle esthétique qu'il faudra caractériser, de même qu'il faudra préciser les enjeux de l'écriture versifiée à une époque où la prose s'est déjà imposée comme forme privilégiée du genre romanesque. Le présent projet se propose de résoudre ces questions liées à la définition du genre arthurien au Moyen Âge en considérant les rapports génériques des dernières œuvres arthuriennes en vers (principalement Escanor, Claris et Laris, Les Merveilles de Rigomer, Beaudous, Floriant et Florete, Cristal et Clarie, Le Roman du Hem). L'étude devrait révéler que l'esthétique commune à ces textes participe du renouvellement de l'écriture romanesque et que l'arthurianisme contribue de manière déterminante à l'expérimentation de nouvelles techniques narratives.
-