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La coopération internationale scientifique et intellectuelle durant l'entre-deux-guerres: la CICI et les Cours universitaires de Davos

English title The international scientific and intellectual cooperation during the interwar: the ICIC and the Davos universitarian lectures
Applicant Vallotton François
Number 144552
Funding scheme Project funding (Div. I-III)
Research institution Section d'Histoire Faculté des Lettres Université de Lausanne
Institution of higher education University of Lausanne - LA
Main discipline General history (without pre-and early history)
Start/End 01.11.2012 - 31.12.2015
Approved amount 315'965.00
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Keywords (6)

knowledge places; CICI; intellectual history; transnational history; intelelctual cooperation; network analysis

Lay Summary (French)

Lead
Lay summary

La coopération internationale scientifique et intellectuelle durant l'entre-deux-guerres: la CICI et les Cours universitaires de Davos

La notion de coope´ration internationale intellectuelle dans l’entre-deux-guerres a fait l’objet de nombreux e´clairages dans l’historiographie re´cente. Tout en s’inscrivant dans une tradition d’internationalisme que l’on peut faire remonter au XVIIIe sie`cle et a` la Re´publique des savants, elle renvoie ge´ne´ralement aux diverses initiatives visant a` prolonger dans le domaine intellectuel l’œuvre de la Société des Nations et met le plus souvent l’accent sur les relations entre la France et l’Allemagne. Le pre´sent projet souhaite inscrire ce processus dans une re´flexion plus large sur la recomposition des e´changes scientifiques et intellectuels au lendemain de la Grande guerre, en tenant compte aussi bien de la densite´ et des nouvelles modalite´s du commerce des ide´es que de la recomposition tant ge´ographique que symbolique de celui-ci.

Afin de traiter la problématique des e´changes scientifiques et intellectuels dans leur spécificité comme dans leur interdépendance, le projet souhaite privilégier une analyse de deux objets aussi différents dans leurs modalités d'organisation que complémentaires dans leurs objectifs. Il s’agit en premier lieu de la constitution de la Commission internationale de coopération intellectuelle (CICI) en 1922, organisation située à Genève qui veut prolonger l’action politique de la SDN en favorisant les relations intellectuelles internationales. Un autre laboratoire de cette coopération intellectuelle est incarné par les Cours universitaires de Davos (1928) qui, durant 4 ans, vont réunir dans la station grisonne des représentants de disciplines très variées du monde universitaire, français et allemand pour leur majorité. Ces deux «lieux de savoir» (au sens que donne a` ce terme François Jacob), en marge des circuits traditionnels et les plus consacre´s du monde intellectuel, s’inscrivent, pour l’un, dans une réalité locale bien circonscrite, pour l’autre, au sein d’une configuration internationale dont la genèse est antérieure au premier conflit mondial. Ils participent toutefois chacun à leur manie`re de l'internationalisation des re´seaux intellectuels propre a` cette pe´riode et sont porte´s par des ambitions similaires dynamise´es par la reconfiguration des e´changes suite aux accords de Locarno et la volonte´ manifeste´e par de nombreux intellectuels de rede´finir les rapports entre science, art et politique. Dans le me^me temps, chaque lieu obe´it a` des modalite´s d’organisation diffe´rencie´es qui traduisent entre autres des relations plus ou moins e´troites avec le monde politique. Entre une institution très structurée dépendant de la SDN mais souffrant de relations problématiques avec l’Allemagne et une organisation beaucoup plus éphémère, personnelle et locale qui peut se permettre de faire partiellement fi des contraintes diplomatiques, le dialogue scientifique se construit petit-à-petit. L’appartenance conjointe de plusieurs intellectuels au re´seau de la CICI comme a` celui de Davos – Einstein, Reynold, Thibaudet – devrait permettre d’observer la spe´cificite´ mais aussi la comple´mentarite´ des e´changes de´veloppe´s autour de ces deux lieux forts de la coope´ration intellectuelle internationale.

Sur le plan de l’approche, le projet entend lier une analyse des lieux et des re´seaux qui les sous-tendent. On s’interrogera ainsi, dans une approche qui sollicite les nouvelles méthodologies des digital humanities, sur la nouvelle cartographie des e´changes intellectuels et scientifiques provoque´s par la Premie`re Guerre mondiale en insistant sur l’e´mergence de nouveaux lieux – souvent périphe´riques tant géographiquement qu’institutionnellement – dans la dynamisation des contacts internationaux. En paralle`le, le repe´rage minutieux de la reconfiguration des formes de l’e´change scientifique et intellectuel (participation a` des congre`s ou des revues, correspondance prive´e, associations, etc.) devrait montrer dans quelle mesure ces lieux ont contribue´, par la mise en relation de milieux a priori tre`s he´te´roge`nes, a` une recomposition de l’espace scientifique et intellectuel europe´en et avec quels effets. Enfin, on s’interrogera sur le ro^le de la Suisse dans la reconfiguration du paysage scientifique et intellectuel europe´en au cours de cette pe´riode, ainsi que sur les atouts de ce pays neutre, lieu-carrefour par excellence.

Travail monographique et archivistique, histoire croise´e et analyse de re´seaux seront les de´marches mises en oeuvre pour mener à bien cet effort de cartographie des échanges intellectuels.

 

Direct link to Lay Summary Last update: 21.02.2013

Responsible applicant and co-applicants

Employees

Publications

Publication
« Introduction à la visualisation de données : l’analyse de réseau en histoire »
Grandjean Martin (2015), « Introduction à la visualisation de données : l’analyse de réseau en histoire », in Geschichte und Informatik, 18/19, 109-128.
« La connaissance est un réseau : perspective sur l’organisation archivistique et encyclopédique »
Grandjean Martin (2014), « La connaissance est un réseau : perspective sur l’organisation archivistique et encyclopédique », in Les Cahiers du Numérique, 10(3), 37-54.

Collaboration

Group / person Country
Types of collaboration
Centre Maurice Halbwachs, Paris France (Europe)
- in-depth/constructive exchanges on approaches, methods or results

Scientific events

Active participation

Title Type of contribution Title of article or contribution Date Place Persons involved
Les Rendez-Vous de l’Histoire de Blois Talk given at a conference « Un fonds d’archives est un réseau : cartographier l’activité d’une organisation internationale, document par document » 09.10.2015 Blois, France Grandjean Martin;
Historical Network Research Conference Talk given at a conference « Intellectual Cooperation after the First World War : Multi-Level Network Analysis of an International Organization » 19.09.2014 Gandt, Belgium Grandjean Martin;
Les Humanités délivrées Talk given at a conference « Quitter la linéarité du modèle imprimé, le réseau comme nouveau paradigme d’organisation de la connaissance » 01.10.2013 Lausanne, Switzerland Grandjean Martin;


Communication with the public

Communication Title Media Place Year
Media relations: radio, television « Histoire vivante : Les humanités digitales, entretien avec Martin Grandjean » RTS La Première Western Switzerland 2015
Media relations: print media, online media « Le numérique entre dans l’histoire » Horizons Western Switzerland German-speaking Switzerland Italian-speaking Switzerland 2015
Media relations: print media, online media « Les nouveaux moyens de communication ont bouleversé la vie des chercheurs » Passé simple Western Switzerland 2015
Media relations: radio, television « L’invité de la rédaction : Martin Grandjean » RTS La Première Western Switzerland 2014
Media relations: print media, online media « L’EPFL reconstruit la Venise d’autrefois ». L'Hebdo Western Switzerland 2013
New media (web, blogs, podcasts, news feeds etc.) Blog personnel http://www.martingrandjean.ch/ International Western Switzerland 2013

Abstract

La notion de coopération internationale intellectuelle dans l’entre-deux-guerres a fait l’objet de nombreux éclairages dans l’historiographie récente. Tout en s’inscrivant dans une tradition d’internationalisme que l’on peut faire remonter au XVIIIe siècle et à la République des savants, elle renvoie généralement aux diverses initiatives visant à prolonger dans le domaine intellectuel l’œuvre de la SDN et met le plus souvent l’accent sur les relations entre la France et l’Allemagne. Le présent projet souhaite inscrire ce processus dans une réflexion plus large sur la recomposition des échanges scientifiques et intellectuels au lendemain de la Grande guerre, en tenant compte aussi bien de la densité et des nouvelles modalités du commerce des idées que de la recomposition tant géographique que symbolique de celui-ci. Afin de traiter la problématique des échanges scientifiques et intellectuels dans leur spécificité comme dans leur interdépendance, le présent projet souhaite privilégier une analyse de deux objets aussi différents dans leurs modalités d'organisation que complémentaires dans leurs objectifs. Il s’agit en premier lieu de la constitution de la Commission internationale de coopération intellectuelle (CICI) en 1922, organisation située à Genève qui veut prolonger l’action politique de la SDN en favorisant les relations intellectuelles internationales. Un autre laboratoire de cette coopération intellectuelle est incarné par les Cours universitaires de Davos (1928) qui, durant 4 ans, vont réunir dans la station grisonne des représentants de disciplines très variées du monde universitaire, français et allemand pour leur majorité. Ces deux «lieux de savoir» (au sens que donne à ce terme François Jacob), en marge des circuits traditionnels et les plus consacrés du monde intellectuel, s’inscrivent, pour l’un, dans une réalité locale bien circonscrite, pour l’autre, au sein d’une configuration internationale dont la genèse est antérieure au premier conflit mondial. Ils participent toutefois chacun à leur manière de l'internationalisation des réseaux intellectuels propre à cette période et sont portés par des ambitions similaires dynamisées par la reconfiguration des échanges suite aux accords de Locarno et la volonté manifestée par de nombreux intellectuels de redéfinir les rapports entre science, art et politique. Dans le même temps, chaque lieu obéit à des modalités d’organisation différenciées qui traduisent entre autres des relations plus ou moins étroites avec le monde politique. L’appartenance conjointe de plusieurs intellectuels au réseau de la CICI comme à celui de Davos - Einstein, Reynold, Thibaudet - devrait permettre d’observer la spécificité mais aussi la complémentarité des échanges développés autour de ces deux lieux forts de la coopération intellectuelle internationale.Sur le plan de l’approche, le projet entend lier une analyse des lieux et des réseaux qui les sous-tendent. On s’interrogera ainsi sur la nouvelle cartographie des échanges intellectuels et scientifiques provoqués par la Première Guerre mondiale en insistant sur l’émergence de nouveaux lieux, plus périphériques, dans la dynamisation des contacts internationaux. En parallèle, le repérage minutieux de la reconfiguration des formes de l’échange scientifique et intellectuel (participation à des congrès ou des revues, correspondance privée, associations, etc.) devrait montrer dans quelle mesure ces lieux ont contribué, par la mise en relation de milieux a priori très hétérogènes, à une recomposition de l’espace scientifique et intellectuel européen et avec quels effets. Enfin, on s’interrogera sur le rôle de la Suisse dans la reconfiguration du paysage scientifique et intellectuel européen au cours de cette période, ainsi que sur les atouts de ce pays neutre, lieu-carrefour par excellence.Travail monographique, histoire croisée et analyse de réseaux seront les démarches mises en oeuvre par les deux doctorants retenus pour cette recherche de 3 ans. Il s’agira d’explorer les sources provenant d’archives en Suisse (Genève, Davos, Berne), en France (Paris, IMEC, Caen), en Belgique (Bruxelles et Mons), en Hollande (IISH, Amsterdam) et en Allemagne (Marbach, Deutsches Literaturarchiv). Cette recherche a pour objectif de contribuer à la recherche internationale sur l’histoire intellectuelle transnationale.
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